Aéroport de Beauvais-Tillé : la réunion publique sur le projet de modernisation tourne au dialogue de sourds
Environ 250 personnes se sont déplacées mardi 8 septembre à Tillé pour la dernière réunion publique sur le projet de modernisation de l'aéroport de Beauvais. Riverains et association Adera dénoncent un agrandissement déguisé, tandis que Bellova défend un chantier de 192 millions d'euros pour faire face à la saturation. La consultation reste ouverte jusqu'au 15 septembre.

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Ils étaient environ 250, mardi 8 septembre, dans la salle des fêtes de Tillé, pour la dernière réunion publique organisée par Bellova, le gestionnaire de l'aéroport de Beauvais-Tillé, au sujet de son « projet de modernisation ». Une consultation publique l'accompagne jusqu'au 15 septembre.
Un projet de 192 millions d'euros
Le chantier prévoit de créer une jonction entre les deux terminaux actuels et de porter leur surface à 43 000 m2. Selon le président exécutif de Bellova, Anthony Martin, l'aéroport, avec 6,7 millions de passagers en 2025, serait arrivé à saturation. La direction met en avant une activité revendiquée comme génératrice de 1 500 emplois directs, ainsi que plusieurs mesures environnementales. À l'aéroport, on explique que l'augmentation du trafic doit servir à financer ces travaux, qui profiteraient aux voyageurs comme aux salariés.
« Trop d'impacts négatifs »
En salle, les opposants étaient majoritaires. L'association de riverains Adera, représentée par sa présidente Claire Olivier, assume une position de principe : « Nous ne sommes pas contre l'aéroport. La modernisation, ok. » Mais pour elle, un plafond de 32 000 mouvements d'avions par année serait supportable pour le Beauvaisis, un chiffre selon l'association déjà dépassé. « On ne peut pas faire n'importe quoi au nom de l'emploi », lance-t-elle, dénoncent un sujet « un peu tabou » que les élus n'auraient pas assez débattu.
Des riverains de Tillé, de Bonlier ou de Fontaine-Saint-Lucien ont successivement exprimé leurs craintes : nuisances sonores, pollution, trajectoires aériennes au-dessus de communes voisines, ou encore absence de plafond garanti au-delà du cap de 45 000 mouvements évoqué pour 2033. Une habitante et commerçante de Tillé a même décrit des voyageurs pénétrant dans son jardin. Les réponses des représentants de Bellova et de la Direction générale de l'aviation civile n'ont pas convaincu, jusqu'à provoquer quelques huées.
Une enquête menée « en plein été »
Le commissaire enquêteur Augustin Ferté a rappelé en préambule que « l'agressivité n'arrange rien ». Au soir de la réunion, 368 contributeurs avaient versé 471 contributions à l'enquête publique, un chiffre que l'Adera relativise en regrettant une consultation menée « en plein été ».
De leur côté, des salariés de la plateforme présents dans la salle voient dans le projet une assurance pour la pérennité de leur emploi. À Tillé, la maire Catherine Martin n'a, selon la presse locale, toujours pas tranché sur le permis de construire, tandis que des communes voisines comme Troissereux et l'association Adera contestent le dossier. Le président de l'agglomération Lionel Chiss, absent de la réunion, n'a pas réagi publiquement dans l'immédiat.
Les habitants disposent jusqu'au 15 septembre pour participer à la consultation publique en ligne ou en mairie.
Sources
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